e-Commerce

PPWR, AGEC, REP : l’emballage e-commerce peut-il devenir le moteur d’une logistique circulaire ?

25 février 2026

Par Michel Berthelon, Directeur E-commerce du Groupe BLONDEL, et Victor Bodart, Responsable des opérations de MOBIUSpack

Avec 1,7 milliard de colis expédiés en France en 2024, l’e-commerce s’impose comme un pilier économique majeur. Mais cette croissance s’accompagne aussi d’un impact environnemental important, estimé à près d’un million de tonnes de CO₂ selon l’ADEME. Si la décarbonation du dernier kilomètre concentre souvent l’attention, un levier reste encore sous-exploité dans la logistique e-commerce : l’emballage e-commerce.

Souvent surdimensionné, à usage unique et peu optimisé, l’emballage génère à la fois un coût écologique et un coût économique. Or, avec la loi AGEC, l’extension de la REP et le futur règlement européen PPWR, le modèle de l’emballage jetable perd progressivement sa place de standard. Une nouvelle logique s’impose : celle d’un emballage circulaire, plus sobre, plus compact, réemployable et mieux intégré aux flux logistiques.

Au-delà d’un simple changement de contenant, cette évolution pourrait faire de l’emballage un moteur de transformation de toute la logistique e-commerce.

PPWR, AGEC et REP : un cadre réglementaire qui accélère l’emballage circulaire

La transition est désormais engagée. En France comme en Europe, la réglementation redéfinit les pratiques et pousse les entreprises à repenser leur stratégie d’emballage e-commerce.

Adoptée en 2020, la loi AGEC et ses décrets d’application fixent des objectifs progressifs de réemploi. Dès 2025, les entreprises réalisant plus de 50 millions d’euros de chiffre d’affaires devront intégrer 7 % d’emballages réemployables, contre 5 % pour les structures plus petites. En 2027, ce taux atteindra 10 % pour l’ensemble des entreprises.

Cette trajectoire est renforcée par l’extension de la Responsabilité Élargie du Producteur (REP) aux emballages professionnels et commerciaux à compter de janvier 2026. Désormais, fabricants, distributeurs et importateurs doivent assumer davantage la fin de vie des emballages qu’ils mettent sur le marché. Cette évolution inscrit durablement le secteur dans une logique d’économie circulaire.

À l’échelle européenne, le règlement PPWR (Packaging and Packaging Waste Regulation) va encore plus loin. Son objectif est clair : réduire les déchets d’emballages et accélérer la transition vers des modèles fondés sur la réduction, le réemploi, l’écoconception, la réparabilité et la recyclabilité. Pour les acteurs de la logistique e-commerce, du retail et de l’industrie, le message est sans ambiguïté : l’emballage circulaire devient un enjeu stratégique de conformité et de compétitivité.

L’emballage circulaire transforme toute la chaîne de valeur de la logistique e-commerce

Le passage à un emballage circulaire ne se limite pas à remplacer un carton par un autre. Il implique une transformation plus profonde de la logistique e-commerce : conception produit, préparation de commandes, systèmes d’information, transport, retours, expérience client et pilotage des flux.

Dans cette logique, le colis ne doit plus être considéré comme un simple consommable, mais comme un actif logistique à part entière. Il faut pouvoir le suivre, le tracer, organiser son retour et garantir sa remise en circulation rapide. Le réemploi repose donc autant sur la qualité de l’emballage que sur la robustesse du modèle opérationnel.

Les premiers retours de terrain montrent que cette transition doit être menée de façon progressive. Les flux fermés, comme les réseaux de magasins ou le click & collect, constituent souvent les cas d’usage les plus favorables pour démarrer. Ils permettent de structurer plus facilement les boucles de retour et d’augmenter la rotation des emballages. À l’inverse, la livraison à domicile reste plus complexe lorsqu’il s’agit d’industrialiser un modèle de réemploi efficace.

Dans tous les cas, la performance dépend d’un indicateur clé : la vitesse de rotation. Plus un emballage réemployable circule vite, plus son modèle économique et environnemental devient pertinent.

Réduire le vide : un levier concret de performance pour l’emballage e-commerce

Autre sujet central dans l’optimisation de la logistique e-commerce : la réduction du vide dans les colis. Selon l’ADEME, près de 50 % du volume des cartons expédiés est vide en moyenne. Ce constat révèle un potentiel d’amélioration considérable.

Un emballage mal dimensionné entraîne davantage de calage, transporte de l’air inutilement et dégrade l’empreinte carbone du colis jusqu’au camion. En d’autres termes, optimiser l’emballage e-commerce, ce n’est pas seulement réduire la matière utilisée : c’est aussi améliorer la densité logistique, limiter les transports inutiles et accroître l’efficacité opérationnelle.

L’optimisation du vide constitue donc un pilier de l’emballage circulaire. Elle permet de concilier performance environnementale, maîtrise des coûts et fluidité des opérations.

Emballage circulaire et logistique e-commerce : des initiatives déjà opérationnelles

Sur le terrain, plusieurs initiatives montrent que l’emballage circulaire n’est plus un concept théorique, mais une réalité en cours de déploiement.

L’approche de MOBIUSpack illustre bien cette évolution. Pour rendre le réemploi viable à grande échelle, l’innovation doit répondre à des contraintes d’usage très concrètes. Systèmes de fermeture recyclables sans adhésif, revêtements facilitant le retrait instantané des étiquettes, optimisation du nettoyage : chaque solution vise à réduire le coût d’usage de l’emballage, qui reste le véritable nerf de la guerre dans un environnement e-commerce sous forte pression concurrentielle.

Dans ce contexte, un emballage réemployable qui peut être réinjecté immédiatement dans le flux, sans opération intermédiaire lourde, devient un atout industriel décisif. Il permet de concilier réemploi, productivité et passage à l’échelle.

De son côté, la BU e-commerce du Groupe BLONDEL met en évidence un autre levier structurant : l’optimisation fine des dimensions des colis, du calage et du chargement. Cette démarche améliore la densité de transport, réduit la consommation de matériaux et limite le transport d’air, avec un impact direct sur la performance logistique et environnementale.

Pourquoi l’emballage circulaire devient un avantage compétitif

Longtemps perçu comme une contrainte ou un surcoût, l’emballage circulaire tend désormais à devenir un véritable avantage concurrentiel pour les entreprises du e-commerce.

D’abord, il répond à un impératif réglementaire de plus en plus structurant, avec AGEC, REP et PPWR. Ensuite, il contribue à optimiser les flux, à réduire certains coûts liés aux déchets et à améliorer la maîtrise opérationnelle. Enfin, il renforce la cohérence de la promesse de marque dans un contexte où les consommateurs sont de plus en plus attentifs à la sobriété, à la qualité perçue et aux engagements RSE.

L’emballage e-commerce participe pleinement à l’expérience client. Un colis bien dimensionné, réemployable ou pensé dans une logique de réduction d’impact devient un signal concret de crédibilité environnementale. Cet enjeu touche aussi la marque employeur : dans les entrepôts comme dans les magasins, les équipes sont de plus en plus sensibles à la réduction des déchets et aux démarches de circularité.

La logistique circulaire européenne commence par l’emballage

À l’échelle européenne, la réussite du réemploi passera par une refonte coordonnée des modèles logistiques. Réduction du vide, standardisation, recyclabilité et réemploi ne relèvent pas uniquement de la conception produit : ils dépendent surtout de la capacité à orchestrer efficacement les flux.

C’est précisément là que la logistique e-commerce peut jouer un rôle central. Dans un marché unique où les marchandises circulent en permanence entre plateformes, magasins, points relais et consommateurs, la logistique devient le trait d’union entre réglementation, performance opérationnelle et impact environnemental.

L’Europe dispose de plusieurs atouts : un maillage logistique dense, des réseaux de points relais particulièrement développés et une forte maturité du e-commerce. Pensée à l’échelle des flux réels, cette infrastructure peut devenir le socle d’une logistique circulaire capable de massifier le réemploi, de mutualiser les boucles de retour et de faire émerger des standards industriels pour l’emballage circulaire.

Le rôle du logisticien évolue avec le PPWR et le réemploi

Dans ce nouveau cadre, le rôle du logisticien change profondément. Il ne s’agit plus seulement d’acheminer les produits ou d’exécuter le dernier kilomètre. Il s’agit aussi de concevoir des boucles logistiques vertueuses, de garantir la rotation rapide des emballages et d’assurer leur compatibilité avec des chaînes de préparation de plus en plus automatisées.

Pour les logisticiens comme le Groupe BLONDEL, l’enjeu est double : accompagner les e-commerçants dans leur mise en conformité avec AGEC, REP et PPWR, tout en faisant évoluer les modèles vers plus de sobriété, de traçabilité et de performance.

Demain, la compétitivité de la logistique e-commerce ne reposera plus uniquement sur la rapidité d’exécution. Elle dépendra aussi de la capacité des acteurs à intégrer durablement l’emballage circulaire dans une logique industrielle, opérationnelle et européenne.

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